C'est un Chinois de petite taille, rasé, au visage couvert de boutons, qui se place devant Garine, respectueusement, les yeux baissés.
- Dans les derniers déclenchements de grève, à Hongkong et ici, trop de discours inutiles. Si les camarades se croient dans un Parlement, ils se trompent ! Et, une fois pour toutes, ces discours-là doivent être soutenus par un objet : si la maison du patron est trop loin, ou si elle est trop proche, ils peuvent toujours avoir son auto sous la main. Je répète, pour la dernière fois, que les orateurs doivent montrer ce qu'ils attaquent. Que je n'aie plus à revenir là-dessus.
Le petit Chinois s'incline et sort. Le planton rentre avec la carte que Garine lui a rendue tout à l'heure, et la lui tend.
- Pour des tanks ?
Garine hausse les sourcils.
- Enfin, ça regarde Borodine.
Il écrit sur la carte l'adresse de Borodine, et quelques mots (d'introduction, sans doute). On frappe à la porte, deux coups.
- Entrez !
Un Européen, au visage vigoureux taché d'une moustache américaine, vêtu du même uniforme kaki d'officier que Garine, pousse la porte.
- Garine, bonjour.