- Entendu, colonel. Vous recevrez les messages à hauteur du pont n°3.
Il lui remet un plan où sont notés en rouge les lieux où se trouvaient les patrouilles, le point de départ de Tang et les routes qu'il peut suivre. La barre bleue du fleuve coupe la ville : là, comme toujours à Canton, se livrera le combat. Je me souviens de la phrase de Gallen : « Les tenailles. S'ils ne passent pas les ponts de bateaux, ils sont fichus... »
Un jeune secrétaire, en courant, apporte des notes.
- Attendez, colonel ! voici la note de la Sûreté : Tang a quatorze cents hommes.
- Moi, cinq cents seulement.
- Gallen me disait six ?
- Cinq. Vous avez des guetteurs le long du fleuve ?
- Oui. Aucun danger d'être tournés.
- Bon. Les ponts, nous les tiendrons.
L'officier s'en va, sans rien ajouter. Dans le brouhaha, nous entendons le grincement de son auto qui démarre et son klaxon qui s'éloigne en fonctionnant sans arrêt. Chaleur, chaleur. Nous sommes tous en manches de chemise ; nos vestons sont jetés les uns sur les autres, dans un coin.