Il regarde à son tour par la fenêtre, serre les poings et, s'adressant de nouveau à Nicolaïeff :

- Voilà le cafouillage qui commence... Descends. D'abord, les autos sur une seule ligne, les unes derrière les autres. Le type qui part n'a qu'à prendre la première. Ensuite, un barrage et les sans-travail en rangs.

Nicolaïeff, déjà en bas, se démène, agite les bras, en raccourci, le visage rouge sous son casque blanc. Les autos, avec fracas, se déplacent, se rangent. Deux ou trois cents hommes en loques attendent, à l'ombre, presque tous accroupis. Il en arrive de nouveaux de minute en minute. Ils questionnent les premiers, l'air abruti, et s'accroupissent derrière eux, pour être eux aussi à l'ombre. J'entends derrière moi :

- Le premier et le troisième ponts de bateaux ont été attaqués.

- Étais-tu là ?

- Oui, Commissaire, au troisième.

- Alors ?

- Ils n'ont pas tenu devant les mitrailleuses. Maintenant, ils préparent des sacs de sable.

- Bon.

- Le colonel m'a donné cette note pour vous.