Amédée Paqueret seul, très vieux, très las, marcha derrière la famille jusqu'au cimetière. Il se survivait, l'extravagant chimérique, pour la troisième fois. Après Richenoire, après Vouzy, son ultime rêve avortait encore. Après l'effondrement de Jugurtha, celui de Marc Thierry...
Héroïquement, et non sans avoir versé peut-être les dernières larmes de sa vie, le vieillard demeura jusqu'au bout. Puis il s'en fut d'un pas lourd s'asseoir seul à l'écart.
Quand tout le monde enfin se fut écoulé, quand le dernier petit cousin eut disparu et que les ouvriers mêmes eurent laissé le chemin désert, Amédée Paqueret attendit un peu, écouta, puis descendit jusqu'à la porte du cimetière. Il fit un signe. Une voiture s'avança, dont deux femmes sortirent. Sans avoir prononcé un mot—pourquoi faire?—Amédée les conduisit devant la tombe.
Pauline et Sylvie s'y agenouillèrent. Pauline et Sylvie pleurèrent ensemble, puis ensemble se sont levées, et l'une au bras de l'autre, suivies de Paqueret, en allées. Le silence tomba.
Marc était complètement enterré.