—Non, ma foi, non. Je n'en ai plus besoin... Je ne suis plus du tout malade.»

Un petit silence. J'entendais mon cœur battre. Yvonne reprit encore, la première:

—«Alors... on sort?

—Bien sûr.

—Je mets mon chapeau. J'ai de bonnes guêtres. Appelle les chiens.»

Je fus vite au jardin. Du chenil ouvert, Marsyas et Marion jaillirent comme deux diables d'une boîte, et déjà ils enguirlandaient de bonds et de tourbillons leur patronne Yvonne, qui s'en venait, tête penchée, dans la petite allée.

Chère Yvonne! Ses lèvres remuaient, murmurant l'une de ces prières perpétuelles... Mais c'était à présent, je le savais, une prière moins triste. Aussi bien, nous nous trouvions complices aujourd'hui: loin de nous séparer, la religion nous unissait.

Je me mis au pas d'Yvonne: nous allions marcher quelque temps, nous irions à la Fosse-à-Biches, où j'avais affaire.

—«Marsyas! Marion!... Allons, ici, deux fous!... Sinon, la laisse!...»

Et nous nous engageâmes gaillardement, en braves époux, sur l'immense pelouse recouverte de neige... Le blanc, deuil d'enfant... Les cloches de l'église sonnaient, pour quelque mort sans doute: ce n'était pas très gai; mais, en s'éloignant peu à peu, le son diminuait, en somme, et l'on s'y habituait, l'on s'y habituait...