Or ce qu'elle m'apprenait là me surprenait assez. Yvonne à Quiberon, chez M. Leguel? Mais mon beau-père n'était certainement pas capable d'endormir la douleur de sa fille. Il ne pouvait toucher à une plaie avec ses gros doigts... J'essayai de l'indiquer à Thérèse, en termes convenables.

—«Nous sommes au milieu d'août, me répondit-elle. Le climat de l'océan vaudra mieux pour une convalescence. A Chantilly, ce n'est pas si tonique... Et puis Yvonne aime beaucoup son père.

—Bon, parfait... Moi, n'est-ce pas, Thérèse, je veux ce qu'Yvonne veut, naturellement. Cependant M. Leguel ne cesse de courir entre Saint-Nazaire et Nantes, entre le Croisic et Belle-Ile. Il ne parle qu'hôtels, villas, exploitations de plages, casinos et lignes de bateaux. Ou bien alors il fait de grosses plaisanteries. Est-ce un réconfort pour une femme qui souffre?... D'autre part, il ne m'est plus possible de quitter Chantilly, sinon pour quelques jours à peine. Je ne me suis déjà que trop absenté cette année.

—J'irai là-bas, je crois qu'Yvonne a l'intention que j'y aille... si vous voulez.

—Eh!... vous n'en doutez pas, ma bonne Thérèse.

—Nous jouerons aux cartes. Je la promènerai. Je lui occuperai son temps, un petit mois.

—Sans doute... Toutefois mon beau-père est bien agité, et non moins bavard, hein? Enfin, si elle a besoin de tapage...

—Le bruit distrait.

—C'est vrai, après tout.