Nous avons atterri, entre les lignes, au flanc d'un mamelon. En bas, derrière nous, les tranchées françaises; la crête, battue et contre-battue n'est à personne; les Boches sont sur l'autre versant.
—Ils ne peuvent pas nous voir....
—Y a bon!...
—Tu penses bien que le terrain est repéré....
—Restons planqués.... Quant ils auront assez fait joujou, on flambera le zinc et on les mettra en douce chez nous.... Passe-moi toujours une cibiche....
... Malheureusement, mon étui est complètement mouillé, car nous sommes dans l'eau à mi-cuisse.
—De quoi qu'on se plaindrait!... On descend d'appareil pour prendre son tub!... Tout le confort moderne....
—Oui ... mais pour déjeuner ... ça sera une autre paire de manches....
—Que tu dis!... avant la nuit rien à faire....
... Est-ce le choc dû aux émotions éprouvées, le froid qui nous gagne insensiblement et nous engourdit, mais sans le vouloir, sans le désirer même, nous nous endormons dans le fracas des explosions, sans nous demander si nous nous réveillerons un jour.