Le premier ne passera pas avant une heure le poteau d'arrivée, c'est-à-dire la feuille de salade tentatrice, attractive. Aussi, à part quelques camarades fanatiques qui n'abandonneront pas la piste, les autres cherchent en attendant une autre distraction.

Chignole et moi, nous sortons et nous dirigeons vers le hangar.

Chaque jour, à la même heure, instinctivement, nous allons jusqu'à notre biplan, comme pour lui souhaiter une bonne nuit. D'ailleurs Chignole a toujours des observations le plus souvent justes à faire à Racine, notre mécano; et les ordres sont donnés sur un ton qui n'admet pas la réplique.

—Pourquoi y a-t-il un chiffon par terre?...

—Mais....

—Et ces gouttes d'huile?... Ta pompe fuit, triple gourde!... T'as donc pas la force de serrer les écrous?!...

—Mais.... Monsieur!...

—Monsieur!... Il m'appelle Monsieur! C'est-y qu'il se f ... de moi!... T'entends bien ... si jamais je retrouve de l'huile sur les plans ... je te la fais lécher!...

... Ce soir, Chignole n'est pas satisfait; il a beau tourner autour de l'appareil, il ne trouve rien à dire à Racine, impressionné par ce silence inaccoutumé.

Chignole plonge dans la carlingue son nez fureteur et pousse un rugissement: