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L'autorisation est obtenue. Notre chef a poussé la prudence jusqu'à envoyer deux Nieuport croiser sur les lignes, au cas où nous serions attaqués.
Afin de rendre notre appareil très maniable et plus «vite», nous l'allégeons autant que possible; seulement, une heure et demie d'essence, pas de bombes, la mitrailleuse et un dispositif incendiaire spécial.
—On décolle comme les as!
—Une vraie chandelle....
... Nous prenons de la hauteur chez nous et, pour dérouter l'adversaire, nous longeons les lignes comme pour une innocente promenade....
A notre altitude, le réseau des tranchées est un canevas qui se poursuit indéfiniment, une immense fourmilière abandonnée, car rien ne semble vivre au long de ces filaments blanchâtres, qui enserrent les coteaux, ou déploient leurs sinuosités dans la plaine, dévidés d'un interminable écheveau.
Nos deux camarades de chasse qui nous convoient font des pirouettes pour passer le temps. Notre manège commence certainement à intriguer les boches, car leurs batteries contre avions nous envoient quelques salves.
—On y va?
—Oui.