Elle répondit:

-- Je vous demande une foi absolue en moi, telle que vous l'avez en votre mère ou en votre soeur.

Il répéta, avec les mêmes mots:

-- J'ai foi en vous, comme en ma mère ou en ma soeur.

Alors Maud le releva lentement. Il n'osait la regarder, lire l'arrêt dans ses yeux.

Elle demanda:

-- Votre mère et votre soeur... leur avez-vous parlé d'un mariage possible avec moi ? Qu'en pensent-elles ?

-- Ma mère et Jeanne sont des êtres si simples que vous leur imposez un peu; peut-être elles s'effrayent de voir épris de vous un campagnard tel que moi: je le suppose, car elles ne m'ont pas questionné et je ne leur ai pas dit mes projets. Mais toutes deux, je vous le jure, vous respectent comme elles le doivent, et elles aimeront la femme que je me choisis.

-- Alors, dit Maud simplement, que Mme de Chantel vienne demain demander pour vous ma main à ma mère. Moi, je vous la donne.

Comme Maxime restait muet et immobile devant elle, sous le choc de ce brusque bonheur, elle tendit lentement, gravement son front. Dès qu'il l'eut touché de ses lèvres, il retrouva la force de serrer la jeune fille contre soi, en lui balbutiant des mots de tendresse... Cette fois il ne la sentit point se dérober, se raidir sous son étreinte, car Maud, d'un effort surhumain, maîtrisait ses nerfs, domptait ses sens, enragée de leur rébellion intime pour ce seul baiser de fiançailles, épouvantée du partage entrevu dans l'avenir, -- mais résolue pourtant.