-- Ce sont de mauvaises nouvelles, dit Hector. La pauvre femme est condamnée.

Maud rentrait, on la questionna.

-- Oui, c'est sa mère, elle est au plus mal; une voisine est venue chercher Etiennette.

Oh ! s'écria Jeanne de Chantel... sa mère ! Mais c'est horrible, au milieu d'un bal !... Et cette pauvre jeune fille s'en va toute seule... Si nous allions avec elle ?

-- Etiennette n'est pas seule à soigner sa mère, répondit Maud. Il y a une domestique, une soeur de charité et cette voisine, précisément, qui est venue la chercher... Nous ne servirions à rien. Elle n'a même pas voulu de M. Paul Le Tessier.

Julien de Suberceaux reparaissait avec Jacqueline, un flot de rubans à la boutonnière, frappant la peau, fouettant les grelots du tambourin. L'orchestre attaqua la valse d'une opérette à la mode. A la suit de Julien et de Jacqueline, les premiers couples choisis se mirent à tourbillonner. Comme Julien passait près d'elle, Maud se leva, le retint. Elle dit à demi-voix, mais de façon à être entendue de Maxime:

-- Ne nous donnez pas d'accessoires; nous ne voulons pas danser, M. de Chantel et moi.

Plus bas, de cette voix inarticulée, lèvres immobiles, dont ils usaient pour se parler devant le monde, malgré le monde, elle ajouta:

-- La mère d'Etiennette se meurt. Impossible chez elle. J'irai rue de la Baume demain matin: il faut que je te voie.

Des yeux, Julien acquiesça. Maud se rassit près de Maxime qui lui jeta un regard de remerciement pour lui avoir sacrifié le plaisir du bal.