-- Je vous l'ordonne. J'ai le droit, moi, de démasquer les misérables qui me calomnient.

-- C'est une prétendue jeune fille que j'ai vue à votre bal... qui se faisait remarquer en courtisant ouvertement Julien de Suberceaux.

-- Juliette Avrezac ? dit Maud.

-- Oui.

Elle ne parla plus. Maxime, qui la regardait anxieusement, prit pour lui la colère de son front, de ses yeux, de sa bouche crispée.

-- Oh ! pardonnez-moi... fit-il à genoux, le front dans sa jupe.

Elle revint à elle:

-- Levez-vous, fit-elle presque durement. Je n'aime pas qu'un homme s'agenouille. Soit. J'oublie. Si cela a pu vous guérir, tant mieux... Car l'avenir m'inquiète, avec un coeur tel que le vôtre.

Il sollicita son front, ce coin de chair embaumé par les cheveux, le seul qu'elle lui eût jamais donné le droit d'effleurer depuis leurs fiançailles. Elle lui tendit son cou, qu'elle laissa un instant sous des lèvres qui la brûlaient, avec un obscur désir de vengeance, l'envie de trahir, à son tour. Jamais Maxime n'avait tant reçu d'elle; jamais baiser de Maxime ne lui crispa les nerfs si douloureusement.

II