-- Non... pas Jacqueline, Maud ?
-- Oh ! Maud !Il faut être le gros monsieur calé que vous êtes pour la disputer à ses deux gardes du corps actuels. Les avez- vous observés ? Ils sont bien curieux à voir.
-- Oui, fit Hector sérieusement, curieux à voir. Mais j'ai peur du drame.
Le banquier chipotant une marquise se récria:
-- Du drame ? Est-ce qu'on en voit dans le monde, aujourd'hui ? Il n'y a plus de passions, il n'y a que des appétits. Il n'y a plus de jalousies, il n'y a que des dépits.
-- Cette pensée est de vous, monsieur ? demanda Hector très sérieusement.
-- Mais... oui, fit le banquier qui flaira l'ironie.
Parmi les groupes, Mme Ucelli passait, secouant la paresse des buveurs.
-- Allons ! su ! su !A la salle, vite, vite... Mlle Ambre va chanter des chansons fin de siècle, celles qu'elle chantait chez la duchesse... Vite !... C'est admirable ! Elle commence. Venez vite.
En effet, le piano résonnait de nouveau dans le hall. Chacun regagna sa place. Accompagnée par Mme Ucelli, la jeune chanteuse débita quelques-unes de ces fantaisies au comique pince-sansrire qui auront été, pendant cinq ans, le divertissement musical de Paris et qui, sans doute, surprendront nos successeurs par leur laborieuse ineptie. L'amie de la duchesse chantait, suivant la formule, droite et raide, sans un geste, sans qu'un muscle bougeât sur son masque, les lèvres même remuant à peine.