Valbelle attrapa la question au vol et répliqua:

-- On va éteindre l'électricité; les messieurs prendront les dames sur les genoux et les embrasseront comme il leur plaira. Cela se fait partout dans le monde, à Paris, mais il faut être mariée, mademoiselle.

-- Il plaisante, mignonne, dit Maud en baisant le front subitement rouge de l'enfant. La vérité est qu'on ne donne plus de soirée musicale sans chansons en argot... et vraiment il est moins gênant pour nous, les jeunes filles, d'être absentes.

-- Mais ce n'est pas de l'argot du tout qu'on va chanter, observa Juliette Avrezac, mécontente d'être séparée de Julien. Cécile m'a dit le programme: Héloïse et Abélard, le Fiacre, les stances de Ronsard... Je connais tout cela par coeur.

-- Moi aussi, avoua Marthe de Reversier.

Et les autres, Dora Calvell, Madeleine de Reversier, Jacqueline, déclarèrent avec des éclats de rire:

-- Moi aussi !... Moi aussi !

-- Moi, dit une fillette très jeune, soeur de Mme Duclerc, je connais le Fiacre et les stances de Ronsard, mais mon frère n'a jamais voulu me chanter Héloïse et Abélard... Ça doit être drôle.

-- Voulez-vous que je vous le chante, moi ? demanda Jacqueline.

-- Oui ! Oui !