—C’est l’idéal, dit Juliette.

—Tu en as eu, une veine! soupira Suzanne.

—Avec cela, il est très bien de sa personne, insinua Madeleine.

—Oh! très bien, corrigea Yvonne, c’est trop dire. Il n’est pas mal, surtout depuis que je l’habille. Mais ce n’est pas absolument mon type. Il lui manque deux centimètres et il a une tendance à engraisser: j’ai horreur de ça. Aussi je lui interdis de boire à ses repas... Mais, au fait, à propos de jolis garçons, le délicieux Maxime vient-il toujours au parloir?

A peine ces mots: «le délicieux Maxime» furent-ils prononcés que le tumulte des quatre voix recommença. Le délicieux Maxime passionnait tout le monde... Oui, il venait presque chaque dimanche rendre visite à sa sœur, Lucie Despeyroux. Et, pour le voir, ces demoiselles, principalement celles des deux classes supérieures, employaient mille ruses. Celles qu’on n’appelait point au parloir trouvaient moyen d’y venir sous prétexte de transmettre quelque commission. Les plus hardies se risquaient à parler à Lucie, afin d’approcher plus près de Maxime. Hélène Cantemerle avait composé pour lui une pièce de vers: on ne croyait pas, toutefois, qu’elle la lui eût envoyée.

—Enfin, vous êtes toutes amoureuses de lui, conclut Yvonne en riant,—comme de mon temps!... Moi aussi, j’ai eu pour lui ma petite toquade. Mais cela m’a passé.

—Tu pourrais le revoir sans émotion? dit Suzanne.

—Mais oui... Je suis une vieille femme mariée, maintenant. C’est bon pour vous, petites perruches, de vous surexciter comme cela en cage.

Cette réflexion d’Yvonne me parut très juste. J’étais en train d’en faire d’analogues, à part moi.