—Justement! ils peuvent dire qu'ils ont chez vous une bonne place.

—Pas si extraordinaire que ça. Mais je crois qu'ils m'aiment bien. Celui-là est un peu agaçant parce qu'il est amoureux, il croit devoir prendre des airs mélancoliques.

A ce moment Poullein rentra.

—En effet, dit M. de Grouchy, il n'a pas l'air d'avoir le sourire. Avec eux il faut être bon, mais pas trop bon.

—Je reconnais que je ne suis pas terrible; dans toute sa journée il n'aura qu'à aller chercher vos faisans, à rester ici à ne rien faire et à en manger sa part.

—Beaucoup de gens voudraient être à sa place, dit M. de Grouchy, car l'envie est aveugle.

—Oriane, dit la princesse de Parme, j'ai eu l'autre jour la visite de votre cousine d'Heudicourt; évidemment c'est une femme d'une intelligence supérieure; c'est une Guermantes, c'est tout dire, mais on dit qu'elle est médisante...

Le duc attacha sur sa femme un long regard de stupéfaction voulue. Mme de Guermantes se mit à rire. La princesse finit par s'en apercevoir.

—Mais... est-ce que vous n'êtes pas... de mon avis?... demanda-t-elle avec inquiétude.

—Mais Madame est trop bonne de s'occuper des mines de Basin. Allons, Basin, n'ayez pas l'air d'insinuer du mal de nos parents.