[26]Cf. La Couronne d'Olivier Sauvage: «Le Grec lui-même sur ses poteries ou ses amphores mettait un Hercule égorgeant des lions.»

[27]Allusion probable à Virgile: «Nec magnos metuent armenta leones.»

[28]Allusion à Isaïe, XI, 9.

[29]Allusion à saint Matthieu XXIV, 36.

[30]Cf. Bossuet, Élévations sur les Mystères: «Contenons les vives saillies de nos pensées vagabondes, par ce moyen nous commanderons en quelque sorte aux oiseaux du ciel; ce sera dompter des lions que d'assujettir notre impétueuse colère.»

[31]M. Huysmans dit: «Les Évangiles insistent pour qu'on ne confonde pas saint Jude avec Judas, ce qui eut lieu, du reste; et, à cause de sa similitude de nom avec le traître, pendant le moyen âge les chrétiens le renient... Il ne sort de son mutisme que pour poser une question au Christ sur la Prédestination et Jésus répond à côté, ou pour mieux dire ne lui répond pas», et plus loin parle «du déplorable renom que lui vaut son homonyme Judas». (La Cathédrale, p. 354 et 455.)

[32]Saint Matthieu, XVII, 5.

[33]Saint Matthieu, XXI, 7.

[34]Cette apostrophe permet (malgré des analogies simplement apparentes, «Isaïe déclara aux conservateurs de son temps», «un marchand juif—le roi Salomon—qui avait fait une des fortunes les plus considérables de l'époque Unto this last) de faire sentir combien le génie de Ruskin diffère de celui de Renan. De ce même mot «fils de David», Renan dit: «La famille de David était éteinte depuis longtemps. Jésus se laissa pourtant donner un titre sans lequel il ne pouvait espérer aucun succès; il finit, ce semble, par y prendre plaisir, etc.» L'opposition n'apparaît ici qu'à propos d'une simple dénomination. Mais quand il s'agit de longs versets, elle s'aggrave. On sait avec quelle magnificence dans Sa Couronne d'Olivier Sauvage (das Eagles nest), et surtout dans les Lys des Jardins des Reines, Ruskin a cité la parole rapportée par saint Luc, IX, 58: «Jésus lui répondit: «Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids, mais le Fils de l'Homme n'a pas où reposer sa tête.» Avec cette ingéniosité merveilleuse qui, commentant les Évangiles à l'aide de l'histoire et de la géographie (histoire et géographie d'ailleurs forcément un peu hypothétiques), y donne aux moindres paroles du Christ un tel relief de vie et semble les mouler exactement sur des circonstances et des lieux d'une réalité indiscutable, mais qui parfois risque par là-même d'en restreindre un peu le sens et la portée, Renan, dont il peut être intéressant d'opposer ici la glose à celle de Ruskin, croit voir dans ce verser de saint Luc comme un signe que Jésus commençait à éprouver quelque lassitude de sa vie vagabonde. (Vie de Jésus, p. 324 des premières éditions.) Il semble qu'il y ait dans une telle interprétation, retenu sans doute par un sentiment exquis de la mesure et une sorte de pudeur sacrée, le germe de cette ironie spéciale qui se plaît à traduire, sous une forme terre à terre et actuelle, des paroles sacrées ou seulement classiques. L'œuvre de Renan est sans doute une grande œuvre, une œuvre de génie. Mais par moments on n'aurait pas beaucoup à faire pour voir s'y esquisser comme une sorte de Belle Hélène de Christianisme.

[35]Cf. La description des chapiteaux du Palais des Doges (dans The Stones of Venice).