Puis le roulement s’approcha. Il y eut des hennissements de chevaux, et un murmure confus de voix d’hommes.

—Écoute, chat, dit Cice. Écoute. Voilà une grande voiture qui arrive. C’est la voiture de mon prince. Vite, vite: il va m’appeler.

Une pantoufle de cuir mordoré vola par-dessus les groseilliers, et tomba au milieu des cloches.

Cice courut vers la barrière d’osier, et l’ouvrit.

Une voiture longue et obscure avançait pesamment. Le bicorne du cocher était éclairé par un rayon rouge. Deux hommes noirs marchaient de chaque côté des chevaux. L’arrière-train de la voiture était bas et oblong comme un cercueil. Une odeur fade flottait dans la brise d’aurore.

Mais Cice ne comprit rien de tout cela. Elle ne voyait qu’une chose: la voiture merveilleuse était là. Le cocher du prince était coiffé d’or. Le coffre lourd était plein des joyaux de noces. Ce parfum terrible et souverain l’enveloppait de royauté.

Et Cice tendit les bras en criant:

—Prince, emmenez-moi, emmenez-moi!