—Bonsoir, pauvre. Mauvais temps pour voyager. Tu grelottes. Tiens: bois un coup à ma gourde, cela te réchauffera.
Le vieux pauvre but un coup à la gourde, et ne grelotta plus.
—Merci, mon ami. Maintenant porte-moi de l'autre côté de l'eau.
—Avec plaisir, pauvre. Monte sur mon dos et tiens-toi ferme. Jésus! tu ne pèses pas plus qu'une plume.
—Patience, je pèserai davantage au milieu de l'eau.
—C'est vrai. Jésus! tu m'écrases!
—Patience, sur l'autre bord je ne pèserai pas plus qu'une plume.
—C'est vrai. Tiens, pauvre, te voilà passé. Bois encore un coup à ma gourde et que le bon Dieu te conduise!
—Jeune homme, je ne suis pas un pauvre, je suis saint Pierre. Jeune homme, tu m'as fait un grand service. Je te paierai selon mon pouvoir...»