Louvette me conduisit par un sillon vert jusqu'à la lisière du champ. La terre s'élevait plus loin, et à l'horizon une ligne brune coupait le ciel. Déjà les nuages enflammés penchaient vers le couchant. A la lueur incertaine du soir, je distinguai de petites ombres errantes.

—Tout à l'heure, dit-elle, nous verrons s'allumer le feu. Et demain, ce sera plus loin. Car ils ne demeurent nulle part. Et ils n'allument qu'un feu en chaque endroit.

—Qui sont-ils? demandai-je à Louvette?

—On ne sait pas. Ce sont des enfants vêtus de blanc. Il y en a qui sont venus de nos villages. Et d'autres marchent depuis longtemps.

Nous vîmes briller une petite flamme qui dansait sur la hauteur.

—Voilà leur feu, dit Louvette. Maintenant nous pourrons les trouver. Car ils séjournent la nuit où ils ont fait leur foyer, et le jour suivant ils quittent la contrée.

Et quand nous arrivâmes à la crête où brûlait la flamme, nous aperçûmes beaucoup d'enfants blancs autour du feu.

Et parmi eux, semblant leur parler et les guider, je reconnus la petite vendeuse de lampes que j'avais rencontrée autrefois dans la cité noire et pluvieuse.


Elle se leva d'entre les enfants, et me dit: