Elle ne répondit rien.
Le mousse secoua les brindilles collées à sa vareuse et se glissa dehors. La pluie grise l'enveloppa. Elle entendit ses pas sucés dans la boue.
Puis il y eut des rafales, et le grand silence rythmé de l'averse. L'ombre vint, plus forte et plus triste. L'heure du dîner chez Mademoiselle était passée. L'heure du coucher était passée. Là-bas, sous les lampes d'huile suspendues, tout le monde dormait dans les lits blancs bordés. Quelques mouettes crièrent la tempête. Le vent tourbillonna et les lames canonnèrent dans les grands trous de la falaise. Dans l'attente de son dîner la fillette s'endormit, puis se réveilla. Le mousse devait jouer avec les crabes. Quel égoïste! Elle savait bien que les bateaux flottent toujours sur l'eau. Les gens se noient quand ils n'ont pas de bateau.
—Il sera bien attrapé, quand il verra que je dors, se dit-elle. Je ne lui répondrai pas un mot, je ferai semblant. Ce sera bien fait.
Vers le milieu de la nuit, elle se trouva sous le feu d'une lanterne. Un homme à caban pointu venait de la découvrir, blottie comme une souris. Sa figure était luisante d'eau et de lumière…
—Où est la barque? dit-il.
Et elle s'écria, dépitée:
—Oh! j'étais sûre! il ne m'a pas trouvé de crabes et il a perdu le bateau!