[714] Charles III, dit le Noble, né en 1361, fils de Charles le Mauvais (le Père Anselme, Histoire généalogique..., t. I, p. 287).

[715] Henri III, le Maladif, roi de Castille (1390-1406), petit-fils de Henri de Transtamare entretenait des relations d'amitié et d'alliance avec la cour de France.—Cf. Daumet, Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècle, (dans la Coll. Bibl. Ec. Hautes Etudes, Paris, 1898, in-8º).

[716] Arch. Nat. K carton B 125.

Louis d'Orléans paraissait avoir profité d'une assez longue absence de son oncle pour régler, à sa propre convenance, certains points de la question du schisme, et obtenir quelques avantages matériels qui renforçaient sa naissante autorité; et Philippe, vivement blessé dans son amour-propre, se préparait à châtier l'outrecuidance de son neveu.

Isabeau ne put s'interposer en personne, l'approche de sa délivrance la retenant inactive à l'hôtel Saint-Pol; les ducs de Berry et de Bourbon essayèrent seuls de concilier les deux rivaux. Ils n'y réussirent qu'imparfaitement; car, si Philippe voulut bien leur promettre de ne pas marcher sur Paris, il écrivit néanmoins au Parlement, à la date du 26 octobre, une lettre, sorte de sentence comminatoire, qui ne laissait aucun doute sur son courroux: «et pour Dieu advisez et metez peine que la chevance du Roi et du domaine ne soient ainsy gouvernez que ils sont de présent, car, en vérité, c'est grand pitié et douleur de oyr ce que j'en ay oy dire[717]». Il n'admettait pas que son neveu pût partager avec lui le pouvoir et déclarait funeste l'ingérence du jeune duc dans la direction des affaires.

[717] Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, publ. par Douët d'Arcq (Soc. Hist. de France, Paris, 1853. 2 vol. in-8º), t. I, p. 213.—Le Parlement répondit: «Si vous plaise savoir, très redoubté seigneur,.. que nous sommes toujours prests de délibérer, conseiller, faire et labourer de tous nos povoirs au plus loiaument et plus diligemment que faire nous pourrons, comme faire le devons, au plaisir de Dieu, à l'onneur et proufit de mon dessusdit seigneur le Roy et de son royaume et à la grâce de vous très redoubté seigneur. Ibid., p. 214-215.

Six semaines plus tard, la Reine voyait Paris divisé en deux camps ennemis: à l'hôtel d'Artois[718], Philippe de Bourgogne se tenait avec ses deux fils Jean et Antoine[719]; la foule de leurs gens d'armes était cantonnée, tant bien que mal, dans les rues avoisinantes; c'étaient des archers et des arbalétriers de Flandre, sept mille hommes en tout, amenés par le duc lui-même ou par l'évêque de Liège, Jean de Bavière[720]. En même temps, autour de son hôtel, près de la porte Saint-Antoine[721], Louis d'Orléans avait groupé ses troupes composées de Bretons et de Normands[722].

[718] «L'hôtel d'Artois et celui de Bourgogne occupaient, en 1400, le pâté de maisons compris entre la rue Mauconseil, la rue Pavée et la rue du Petit-Lion.» H. Legrand, Paris en 1380, p. 61.

[719] Antoine de Bourgogne, deuxième fils du duc Philippe et de Marguerite de Flandre, né en août 1384, d'abord connu sous le nom de Antoine Monsieur, fut ensuite créé comte de Réthel. Cf. le Père Anselme, Histoire Généalogique..., t. I, p. 248.—E. Petit, Itinéraire des ducs de Bourgogne..., p. 633.

[720] Jean de Bavière, fils d'Albert de Bavière, comte de Hainaut, était devenu évêque de Liège en 1390, à l'âge de dix-sept ans. Prélat batailleur, il s'était rendu fameux par ses mœurs brutales et sa cruauté. Art de vérifier les dates, t. III, p. 151.