[801] Marie d'Estouteville, fille de Robert V sire d'Estouteville, mariée à Geoffroy, baron de Courcy, seigneur de Montfort et de Bourg-Achard (le Père Anselme, Histoire Généalogique..., t. VIII, p. 90).
[802] Chronique de la traïson et mort de Richard deux, p. 25-26.
Tandis que la reine de France, très irritée de l'affront fait à sa fille, méditait «à quel point les nobles dames de France doivent craindre d'épouser les Anglais, car ces perfides étrangers ont toujours eu les Français en défiance[803]», des événements tragiques se passaient en Angleterre.
[803] Religieux de Saint-Denis..., t. II. p. 705.
Isabeau voyageait en Normandie lorsque lui parvint (octobre 1399) la nouvelle de la Révolution de Londres: le duc de Lancastre s'était fait proclamer roi sous le nom de Henri IV, Richard et la jeune reine étaient ses prisonniers. Pendant qu'à Rouen les Princes délibéraient en de grands Conseils sur cette grave complication, et visitaient les villes de l'embouchure de la Seine pour se préparer à toute éventualité, la Reine, qui continuait son voyage, se tenait au courant: le 15 octobre, elle dépêche «Jean le Charron pour porter lettres à Messeigneurs de Berry, de Bourgogne, d'Orléans à Harefleur ou illec environ[804]»; le 19, elle écrit à Charles VI à Caudebec[805], et le 20, Denisot le Breton est envoyé par elle à Monseigneur d'Orléans, au vidame du Laonnais à Rouen[806], et aux ducs de Berry et de Bourgogne à Caudebec[807].
[804] Arch. Nat. KK 45, fº 48 vº et 49 rº.
[805] Ibid.
[806] Arch. Nat. KK 45, fº 48 vº et 49 rº.
[807] Ibid.
La jeune reine Isabelle avait écrit à ses parents pour implorer leur secours[808], et le chroniqueur de la «Trahison et mort de Richard II» rapporte que ce Roi, dans sa prison, s'écriait en gémissant: «Ha! très chière dame et mère la Royne de France, je me recommande à vous; hélas! j'avais propos de vous aller veoir bien bref et vous mener Ysabel vostre fille, ma chière dame et compagne, qui grant désir a de vous veoir[809]!» Supplications et lamentations ne furent pas entendues. Charles VI était trop malade pour qu'on osât même lui montrer les lettres annonçant le malheur de sa fille[810]; les Princes avaient tous plus ou moins pris des engagements envers Henri de Lancastre lors de son récent séjour en France[811], et la Reine Isabeau manquait encore de l'initiative ou de l'influence nécessaire pour provoquer une expédition en Angleterre.