[66] Le Père Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison Royale de France (Paris, 1726, in-fº) t. I, p. 110.

La seconde démarche de Charles V auprès des Wittelsbach s'adressa à la branche de cette Maison qui depuis quatre-vingts ans régnait sur le Palatinat du Rhin[67]. Longtemps inférieurs à leurs cousins les ducs de Bavière en puissance et en dignités, les comtes Palatins du Rhin avaient prospéré, grâce à la richesse de leur pays, et, pendant la période de déclin politique que traversa la Bavière après la mort de Louis V, leur importance s'accrut de tout ce que perdait la branche ducale; en 1356, ils se virent attribuer, à eux seuls, la voix électorale qu'ils avaient jusqu'alors partagée avec les Bavarois (Bulle de l'empereur Charles IV[68]).

[67] Louis I, duc de Bavière, avait reçu, en 1231, le Palatinat du Rhin, en fief. Louis II le Sévère, duc de Bavière et comte palatin du Rhin, légua, en 1294, le Palatinat à son fils aîné, Rodolphe I, qui fut la tige de la dynastie des comtes Palatins, et la Bavière à son second fils Louis.

[68] La Bulle d'Or,—qui régla définitivement la composition du Collège électoral du Saint Empire.

Le 20 février 1379, la fille du roi de France, Catherine, âgée de deux ans, fut fiancée à l'infant Rupert de Bavière, petit-neveu et futur héritier de l'électeur palatin Rupert le Vieil[69]. Charles V méditait de gagner celui-ci à sa politique dans les affaires du Schisme. Depuis un an, en effet, la chrétienté était divisée par le schisme d'Occident. Urbain VI[70] à Rome, Clément VII[71] à Avignon, se prétendaient l'un et l'autre régulièrement élus par le Conclave: l'Empereur, les princes allemands, et en particulier les Wittelsbach, tenaient pour le pape italien; le roi de France, pour le pape français; si donc, Charles V parvenait à détacher de la cause d'Urbain VI l'influent Rupert le Vieil, il pouvait espérer que cet exemple serait suivi par les autres électeurs germaniques et que l'unité d'obédience se trouverait rétablie au profit de Clément VII[72]. Mais, pas plus que Wenceslas, Rupert ne consentit à seconder Charles V dans ses desseins[73].

[69] Le contrat fut conclu entre Rupert le Vieil, Rupert le Jeune, son neveu, Frédéric Burgrave de Nurenberg, d'une part—Aimery, évêque de Paris, et Charles de Bouillé, gouverneur du Dauphiné, procureurs du roi de France, d'autre part. Le mariage devait être célébré dans sept ans. Catherine serait dotée «selon l'état et convenance d'une fille de France». Rupert le Jeune, père de l'infant, donnerait sa ratification dans le courant du mois. L'acte fut dressé à Francfort-sur-le-Main dans la maison des Frères de Saint-Jean de Jérusalem, à six heures du soir. Arch. Nat. J. 408, pièce 38.

[70] Élu le 8 avril 1378.

[71] Élu le 20 septembre 1378.

[72] Cf. N. Valois, La France et le grand schisme d'Occident, t. I: (le schisme sous Charles V.)

[73] A. Leroux, Nouvelles recherches critiques..., p. 5 et note 3.