[138] Froissart ne rapporte aucun grand divertissement.—Le Religieux de Saint-Denis ne parle des fêtes du mariage que par ouï dire et ne donne aucun détail précis.—De même, on lit dans les Istore et Chroniques de Flandres, t. II, p. 365 et note I: «Il ne fu point li feste grande».—Seul Juvénal des Ursins, historien du XVe siècle, dit «et y eust joustes et grandes festes faites». Histoire de Charles VI. p. 65.—Les principaux chroniqueurs belges ont simplement noté le mariage d'Elisabeth, sans nous dire de quelles cérémonies et réjouissances il fut l'occasion.

[139] Lettres de rémission en faveur de Pierre de la Marquette dit Haue et Hennequin, son fils, coupables de sévices sur Jaquot Bachier, dans une taverne des environs de Tournay. Arch. Nat. JJ. 127, fº 472.

Dans les divers récits de cette journée, ce qui nous a le plus frappé, c'est l'impression d'immense étonnement que causait à tous l'élévation d'une princesse jusqu'alors ignorée; la cour et les duchesses avaient vraiment tenu très secret leur dessein puisque son accomplissement surprenait tout le monde.

Vingt-cinq ans plus tard, le poète Eustache Deschamps, vieilli et désabusé, évoquant le souvenir de tant

«De granz orgueils et de grans vanitez

«De traïsons et de crudelitez»,

qu'il avait vus durant sa vie, rappellera les radieuses noces d'Amiens[140] comme une des plus saisissantes antithèses au mélancolique refrain de sa Ballade:

«C'est tout néant des choses de ce monde».

[140] Œuvres complètes d'Eustache Deschamps, éd. de Queux de Saint-Hilaire et G. Raynaud, dans la Coll. des Anciens textes français, (Paris, 1878-1901, 10 vol. in-8º), t. VI, p. 40 et 41.