[191] Jean de France, duc de Berry, né à Vincennes en 1340, d'abord comte de Poitiers, assista en cette qualité à la bataille de 1356 et reçut, en 1360, le duché de Berry et d'Auvergne; sous le règne de son frère Charles V, il commanda plusieurs armées contre les Anglais; devenu en 1380 l'un des tuteurs de Charles VI, il se fit donner, en 1381, le gouvernement du Languedoc. Il avait épousé en 1360, Jeanne d'Armagnac, fille de Jean I d'Auvergne.—Le mariage de Jean de Montpensier et de Catherine de France ne fut pas consommé, la jeune fille étant morte en 1388 (le Père Anselme, Histoire généalogique..., t. I, p. 106-107.)
[192] Froissart..., liv. IV, ch. XLI, t. X, p. 244.
Isabeau ne voulut se séparer qu'à la dernière minute du Roi qui volait à de si grands dangers; malgré l'état avancé de sa grossesse, elle l'accompagna jusqu'à Senlis où elle réussit à le retenir quelque temps[193]. C'est dans cette ville que le roi d'Arménie vint prendre congé de ses hôtes; il allait essayer la tâche impossible de réconcilier l'Angleterre et la France en les associant pour une nouvelle croisade[194].
[193] Ibid.
[194] Jarry, Vie politique de Louis d'Orléans, p. 25.
Au bout de peu de jours, Charles VI apprit que le duc de Bourgogne avait quitté ses États pour se rendre à l'Écluse; aussitôt il prit avec son frère Louis, duc de Touraine[195], le chemin de Compiègne. Isabeau revint alors sur ses pas et se rendit à Vincennes pour faire ses couches au château du Bois.
[195] Louis de France, second fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon, né à l'hôtel Saint-Pol le 13 mai 1372, comte de Valois depuis 1376, reçut en 1386, pendant le voyage de l'Écluse, le duché de Touraine en apanage. Il porta le titre de duc de Touraine jusqu'en 1392, où il devint duc d'Orléans.
Le 25 septembre, entre dix et onze heures du matin, la Reine mit au monde un fils[196]. Immédiatement, un messager fut dépêché vers Charles VI, puis des courriers partirent dans toutes les directions pour répandre la nouvelle à travers le royaume[197]. L'enfant fut baptisé le 17 du mois suivant par l'archevêque de Rouen, Guillaume de Lestrange[198]; il fut tenu sur les fonts par le comte de Dammartin[199] qui lui donna le nom de Charles.
[196] Le Père Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la Maison de France..., t. I, p. 112.—Religieux de Saint-Denis, Chronique de Charles VI, t. I, p. 455.—Vallet de Viriville, Notes sur l'état civil des princes et princesses nés de Charles VI et d'Isabeau de Bavière (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 4e série, t. IV, année 1857-1858, p. 476.)
[197] L'usage de la cour de France était d'envoyer, aussitôt après la naissance du Dauphin, des lettres de faire part aux princes, aux principaux seigneurs, et aux villes. «La nouvelle remplit de joie tous les cœurs et les courriers furent magnifiquement récompensés aux frais des villes». Religieux de Saint-Denis..., t. I, p. 455.