[407] Hourd, construction de charpente, propre à servir d'échafaud de théâtre et d'estrade pour tournois.
[408] Froissart, Chroniques..., liv. IV, ch. I.
Le jeudi, chevaliers et écuyers mêlés luttèrent en présence d'Isabeau et nous remarquons qu'un prix fut attribué à un de ses écuyers dont le nom «Kouk» décèle une origine étrangère.
Les fêtes pour «la venue de la Royne» durèrent encore la journée du vendredi[409]. Enfin, le samedi, les seigneurs et les dames des provinces ou des pays étrangers vinrent prendre congé. Ils partirent comblés de dons magnifiques, car le Roi avait acheté pour des milliers de francs de bijoux d'or et d'argent qui furent «au département de la venue de la Royne» distribués aux invités[410].
[409] Charles VI, dit Froissart, «donna à dîner à toutes les dames et damoiselles». A la fin du repas «qui avoit été grand, bel et bien étoffé» entrèrent dans la salle plusieurs chevaliers «qui joutèrent par l'espace de deux heures devant le roi et les dames». (Chroniques..., liv. IV, ch. I). Froissart nomme les dames qui assistaient au festin: les duchesses de Bourgogne, de Berry, de Touraine, etc., Il ne parle pas de la Reine, qui, sans doute, se reposait de la fatigue des journées précédentes.
[410] Recette extraordinaire de Jean Chanteprime, receveur des aides pour la guerre «pour certains joyaulz d'or et d'argent pour donner à plusieurs chevaliers et dames au département de la venue de la Royne..., 2.110 liv. 15 sous 5 deniers parisis. Arch. Nat. KK 20, fº 8 vº—«pour certaines vaisselles... pour donner à certains chevaliers Allemans et autres... 482 liv. 12 s. par.» ibid, fº 9 rº «joyaulz donnés par le Roy... à la Royne Blanche et autres dames et chevaliers, etc... 1294 liv. 18 s. par.» ibid fº 9 vº.—«Joyaulz d'or et d'argent, draps d'or et de soie, pour chevaliers, dames, escuiers et damoiselles, etc... 2.572 liv. 7 s. par. Arch. Nat. KK, fº 12 rº.
En même temps que les magistrats du Parlement consignaient, dans leurs registres, que l'entrée de la Reine avait été célébrée avec une telle pompe que «pieca, comme disaient les anciens, ne fust veue ne fecte plus grant feste en ce royaume[411],» les chevaliers étrangers s'en retournant chez eux, «faisaient grand nouvelles en tous pays» de ces solennités et de l'accueil qu'ils avaient reçu, au point qu'en entendant quelques-uns de leurs récits, le roi d'Angleterre, Richard II, enrageait de jalousie et ne pensait plus qu'à célébrer dans Londres, une grande cérémonie qui fût aussi brillante que l'entrée de la reine Isabeau.
[411] Arch. Nat. Registres du Parlement, X1a 1474, fº 326.
Pendant ces joyeuses journées, Paris[412] reçut certainement un nombre considérable de visiteurs. En 1407, Guillebert de Metz avancera qu'ils étaient cent vingt mille (?) «venus de lointains pays et que la Reine paya[413].» Ce dernier détail, qu'on ne saurait prendre à la lettre, est sans doute une allusion aux cadeaux que les provinciaux et les étrangers reçurent de Charles VI et d'Isabeau et qui avaient coûté tant d'argent[414].