«Mais je vais faire un beau rêve
Où je rêverai de toi;
Jusqu’à ce que Dieu l’achève,
Ami nuage, attends-moi!»

*
* *

Comme il jetait les paroles
De ses espérances folles,
Le nuage décevant
Glissait, poussé par le vent.

Pourtant le bambin sautille,
L’oiseau chante, l’eau scintille,
Et l’écho lui sonne au cœur:
«Demain! demain! quel bonheur!»

Enfin le soleil se couche,
Et son baiser qui le touche
D’un voile ardent clôt ses yeux
Qu’il tenait ouverts aux cieux.

Près de rentrer chez sa mère,
Au voyageur éphémère
L’enfant veut parler encor,
Mais le beau fantôme d’or

N’est plus qu’une vapeur grise,
Qu’avec un cri de surprise
L’enfant qu’il vient d’éblouir
Voit fondre et s’évanouir.

Au cri de la petite âme,
S’est élancée une femme,
Qui, le voyant sauf et sain,
Boudeur, l’emporte à son sein.

Plaintif, le mignon s’y cache,
Déclarant ce qui le fâche,
Que, sans son bel étranger,
Il ne veut plus voyager.

«Si tu chéris les nuages,
Mon amour, pour tes voyages
Le temps en aura toujours:
Il en passe tous les jours.