Dieu lui inspira de parler ainsi au petit gâté. J'ai à vous apprendre, enfant que je voudrais aimer comme autrefois, qu'il faut nous quitter pour un peu de temps. Venez donc que je vous embrasse, car nous ne nous reverrons que quand vous serez corrigé de vos mauvaises habitudes; vous avez troublé la paix de ma maison!

L'enfant s'arrêta devant sa mère sérieuse et grave; il la regarda long-temps et sa poitrine se souleva; car tout jeune qu'il était, il pensait que jamais et nulle part il ne trouverait une si douce amie que sa mère, et qu'il allait être malheureux. On doit avouer qu'il l'aimait beaucoup; plus que les gâteaux et plus que tout.

Il laissa donc éclater un sanglot, où sa mère entendit qu'il disait:

«Je serai bon! je serai bon!»

Cette promesse suffit pour attendrir la mère, qui le prit dans ses bras et lui dit: «je vous crois! ne pleurez plus.» Cette promesse fut, en effet, remplie comme si elle eût été faite par devant notaire, encore mieux peut-être;

Car vingt notaires ne sont pas plus imposants que la crainte de désobéir à une mère qui croit en vous, et de mentir à sa conscience, tribunal des petits comme des grands enfants de Dieu.

CONTE D'ENFANT

Il ne faut plus courir à travers les bruyères,