Sa mère pâle et ruinée qui le suivait à pied, ne pouvant se résoudre à l'abandonner, joignait les mains comme pour demander à toutes ces voix du silence par pitié pour elle, la mère, la pauvre femme sans chaumière, sans vieux père à servir tous les jours, sans jeune enfant plein d'innocence comme était hier ce coupable garrotté!

Voilà comme il parut, suivi d'un peuple immense au tribunal, qui n'avait jamais vu un si jeune coupable et qui resta longtemps dans un triste silence quand l'enfant interrogé répondit, tout épuisé de larmes:

—Je voulais revoir un feu d'artifice. On le condamna à vivre trois cent soixante-cinq jours dans une obscurité profonde, où sa mère seule l'éclaire et le console....Priez pour lui!

LE TUEUR DE MOUCHES.

Tuer une mouche, c'est affliger Dieu. C'est détruire un de ses chers ouvrages.

Un homme bien malheureux qui avait tout perdu sur la terre, hors le souvenir et la résignation, rêvait des heures entières, occupé à regarder ces charmantes promeneuses des vitres, où elles glissent en tous sens comme sur un chemin droit. Un jour, il vit Paul que j'ai bien connu, en saisir au vol, quatre qu'il dépouilla de leurs ailes, pour en faire disait-il des chiens, et les atteler ensuite à quelque chariot fait de papier, ou d'une noisette creuse.

L'homme se retint de parler, mais il soupira une douce croyance s'attachait pour lui au vol imprévu de leurs ailes, sur sa tête ou sur ces mains; il se persuadait que l'ame de quelque ami, d'un de ses enfants pleurés, venait baiser sa tristesse, et l'action de Paul lui serra le coeur.

Mais Paul, bientôt las de faire courir ses chiens fatigués, leur rendit la liberté et trancha du généreux. Les petites invalides se traînèrent ainsi défigurées sur la terre et moururent.

—En voilà de bien belles! cria Paul, avec un rire avide de victimes: qu'en ferai-je?