Ils dorment. Qu'ils sont beaux! Que leur mère est heureuse!
Dieu n'a pas oublié ma plainte douloureuse;
Sa pitié m'écouta.. Tout ce que j'ai perdu,
Sa pitié, je le sens, me l'a presque rendu!
Sommeil! ange invisible, aux ailes caressantes,
Verse sur mes enfants tes fleurs assoupissantes;
Que ton baiser de miel enveloppe leurs yeux;
Que ton vague miroir réfléchisse leurs jeux;
Au pied de ce berceau, que mon amour balance,
Fais asseoir avec toi l'immobile silence.