XXII
Elles s’étaient réconciliées dans les larmes et, maintenant, Isabelle s’abandonnait aux soins consolants, à la volonté de Marie. Cette grande femme exubérante était, au fond, une molle et passive créature, capable de courtes violences, et tout de suite anéantie par le chagrin.
Si quelqu’un, près d’elle, avait plaidé la cause d’Angelo par une interprétation simplement exacte des faits, la colère de madame Van Coppenolle fût tombée bien vite; mais, de bonne foi, Marie avivait la blessure, entretenait la rancune jalouse et représentait le séducteur sans malice comme un épouvantable Machiavel. Isabelle avait manifesté l’intention de revoir Angelo pour lui signifier la rupture. Marie s’opposa vivement à cette entrevue dangereuse. Non, assez de scènes et de drame! Isabelle partirait, le plus tôt possible, après qu’Angelo aurait restitué les lettres, la photographie, les menus souvenirs qu’il conservait de la déplorable aventure.
—Et s’il refuse? S’il veut une explication? S’il provoque un scandale?
—Nous ferons intervenir mon père.
Isabelle jeta des cris... Plutôt mourir que d’avouer la vérité à M. Wallers.
—Trouve une autre solution. Parle à Angelo!
—C’est bien délicat... Veux-tu, Belle, nous confier à Salvatore, le bon Salvatore, le plus indulgent des hommes? Il fera le nécessaire pour convaincre Angelo, et, au besoin, pour l’éloigner?
Isabelle accepta la proposition de sa cousine.
—Va tout de suite à Naples. Je te promets de ne pas quitter ma chambre, de ne pas revoir ce misérable...