»Adieu, Marie! Je penserai à toi, quand tu seras la femme de Claude, et je ferai des vœux pour votre bonheur, même si vous me méprisez... Adieu, ma petite Marie!...»
Une larme tomba des cils de Marie Laubespin et fit une étoile sur la signature brouillée.
«Dieu te pardonne, pauvre Isabelle!... Je ne te juge pas. Je te recevrai, si tu reviens, déçue et repentante...»
... Le reflet du ciel colorait l’ombre de la chambre. Soudain, l’air vibra. Un immense frisson sonore passa sur la ville, et Marie, qui oubliait déjà la pécheresse amoureuse, Marie, rendue à ses beaux rêves, sentit palpiter dans le soir romain tous les anges invisibles, aux ailes d’or, d’émeraude et de vermillon, qui avaient été les compagnons mystiques de sa solitude.
Ils accouraient, ceux de Flandre et ceux de France, ceux d’Allemagne et ceux d’Italie, ceux des missels et des évangéliaires, ceux des fresques et des tableaux, ceux qui ressemblent à des faucons, ceux qui ressemblent à des colombes. Messagers de la bonne nouvelle, tenant les lis du pur amour, ils murmuraient avec la voix des cloches:
—Ave Maria!
Naples 1904—Paris 1910.
FIN
E. GREVIN—IMPRIMERIE DE LAGNY—8454-2-19