«Elle a trompé... elle sait tromper...»
Que Josanne eût vécu trop aisément dans la pratique du mensonge, c’était, pour Noël, une chose incompréhensible, qui révoltait son intransigeante loyauté. Et c’était une raison de plus qui lui faisait haïr l’autre...
Et la sincérité qu’il eût exigée de toute femme, Noël l’exigeait plus impérieusement de Josanne,—qui savait mentir, qui avait menti...
279
XXIX
Un soir, Noël étant plus calme et Josanne plus gaie, elle raconta qu’elle était allée, avec mademoiselle Bon, au déjeuner annuel d’un syndicat de couturières.
—Nous étions là soixante femmes, invitées, patronnes et ouvrières... Au dessert, la présidente a fait un discours, et une jolie fille—la secrétaire—a porté des toasts, aux «dames journalistes», à mademoiselle Bon, à madame Foucart, la «grande féministe»... Mademoiselle Bon a répondu... Et moi aussi, j’ai dû répondre.
—Au nom de madame Foucart?...
—Et des femmes journalistes... Ah! c’était drôle!... Je riais et tout l’auditoire riait avec moi... Je ne sais plus ce que j’ai dit, mais je me souviens que j’ai parlé de vous...
—De moi?