—Comme une petite fille... Aussi mes camarades du Monde Féminin supposent... ce qui n’est pas...
—Et cela ne vous contrarie point?
—Moi!... Et pourquoi donc?... Je voudrais le crier à tout l’univers que je vous aime.
—Alors, vous ne regrettez rien?
—Que pourrais-je regretter? Je suis si heureuse!
—Si heureuse?... Mon pauvre amour! Vous êtes heureuse, malgré tout, malgré ce méchant ami, exigeant, irritable, qui vous fait pleurer, quelquefois?
—Malgré tout, malgré vous, oui, je suis heureuse... Je me sens aimée, j’aime; je ne suis plus seule, et toutes mes peines—nos peines—sont oubliées quand vous me regardez avec des yeux adoucis, quand vous me dites: «Mon amour...» Il y a encore bien de la mélancolie en nous, mais nous nous rapprochons chaque jour, et nous apprenons à nous comprendre, à nous accepter l’un l’autre... L’espoir du bonheur, Noël, c’est déjà le bonheur.
—Josanne, vous êtes une femme délicieuse...
Ils étaient assis côte à côte, sur le divan. Le crépuscule d’été, humide et chaud, alanguissait la jeune femme. Elle s’appuyait aux coussins, les bras demi-nus, la taille libre dans sa robe lâche et légère.
«Oui, pensait Noël, achevant pour lui-même la phrase qu’il n’osait articuler, oui, délicieuse et touchante, et désirable...»