Ils allèrent vers Armenonville. Bientôt les lumières parurent entre les arbres pressés du taillis. Un violon chanta, seul, le thème d’une valse italienne travestie à la hongroise, et si déhanchée, si trépidante, si nerveuse et si langoureuse qu’on ne la reconnaissait plus. Des passants s’arrêtaient pour entendre... Mais qu’importaient à Noël la musique, la lune blanche, les couples enlacés, et tout l’amour épars sur le monde!
Josanne marchait près de lui. Elle disait parfois:
—Je t’en prie... ne va pas si vite...
Il ralentissait le pas, un instant, puis, malgré lui, il se hâtait... Josanne le rejoignit, lui prit le bras:
—Mon ami, je t’ai fait beaucoup de peine?
—Beaucoup.
—Mais toutes les femmes me comprendraient...
—Allons donc!... Je me rappelle des paroles que tu as prononcées, un soir, à propos d’une fille de la Villa Bleue... «Il y a des femmes qui sont plus amantes que mères. Elles aiment dans l’enfant... le père de l’enfant...»
—Cela ne prouve rien... Il y a aussi des femmes qui aiment l’enfant pour lui-même, fût-il né d’un père haï ou méprisé...
—Parce qu’elles ont, dans les entrailles, l’aveugle instinct maternel... Et tu ne l’avais pas, toi, cet instinct!...