M. Isidore Foucart parut bientôt. Un bel homme aux yeux noirs, à la fine moustache rousse, l’air d’un Bel-Ami arrivé, enrichi, rangé... Il salua Josanne d’un signe de tête.
Il était familier avec elle, comme avec toutes les femmes, ayant gardé les manières de sa jeunesse,—de ce temps heureux où il était secrétaire des Bouffes!—Mais sa familiarité n’était pas insolente. Il estimait Josanne, parce qu’elle était intelligente, courageuse, exacte et fière:—une employée modèle, et une «brave femme».—Il se plaisait à raconter que cette «jolie petite» était sage, fidèle à son moribond de mari: «Hein! disait-il, c’est épatant qu’il y ait encore des femmes comme ça!...» Et il se demandait toujours «si ça durerait...»
Souriant, la main dans la poche de son gilet, il considérait cette femme-phénomène, et il pensait: «Tiens! elle a encore maigri... C’est dommage qu’elle s’esquinte pour ce chimiste qui ne veut pas mourir...»
Sa femme lui expliqua l’aventure du photographe et de mademoiselle Brémond. Calme, il répondit:
—Je verrai Brémond. Quant au photographe... Qui m’a fichu un pareil idiot!... Depuis le temps qu’il fait son métier, il devrait savoir manier les femmes.
—Tout de même, il y a un trou dans le numéro de dimanche... Et nous n’avons plus le temps de préparer les photographies de Madame Vernol chez elle...
—Faites passer une nouvelle...
—Il faudrait des coupures...
Foucart tirait sa moustache cuivrée.
—Dites donc... vous... ma petite Valentin... vous avez de la bibliographie toute prête...