Madame Foucart n’avait aucun souvenir de Noël Delysle...

—Alors, ma petite Valentin, nous comptons sur vous... Demain, à la première heure, votre copie à l’imprimerie... Et, cette fois, pour vous récompenser, je double les vingt-cinq francs des «notices»... Bonsoir.

—Bonsoir et merci, monsieur, dit Josanne en riant. Bonsoir, madame...

Elle s’en alla, joyeuse... Cette fabrication de notices bibliographiques n’avait rien de commun avec la critique littéraire; mais, cette fois, Josanne avait des choses à dire qu’elle dirait fort bien! Et M. Noël Delysle verrait qu’elle l’avait compris...

«Cinquante francs au lieu de vingt-cinq!... Quelle chance!... J’achèterai une autre blouse!...»

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VI

C’est le dimanche matin. L’odeur vanillée du chocolat emplit l’étroit logement, et Josanne, tôt levée, en frottant les meubles, chante. Elle est gaie, ce matin-là...

A tous les étages de la maison, les portes battent, les fourneaux chauffent, les tapis pendent sur l’appui des fenêtres, les balais cognent les planchers. Et, tandis que l’homme et les mioches paressent au lit,—délivrés pour un jour du bureau, de l’atelier, de l’école,—la femme, qui n’a jamais de vacances, commence le branle-bas dominical.

—Pour sûr que madame a du mérite!...