J'aidai Églantine à mettre le manteau des enfants pendant que leur mère s'assurait devant la glace que le sien ne faisait aucun pli sur ses hanches.
Le lendemain était jour de départ. C'était aussi la veille de la Fête nationale. Des drapeaux flottaient à toutes les fenêtres de l'avenue et des gamins faisaient déjà partir des pétards contre la bordure des trottoirs.
Je retrouvai Mme Dalignac au milieu de ses malles à moitié faites.
Clément s'empressait autour d'elle. Il touchait les choses avec adresse et trouvait du premier coup la bonne place.
Mme Dalignac le suivait d'un regard affectueux. Et quand il eut chargé et descendu les deux lourdes malles sans que son corps eût plié sous le poids, elle lui dit avec un peu d'admiration:
—Te voilà bon à marier maintenant.
Les quais de la gare étaient encombrés de gens qui se bousculaient pour monter dans les wagons déjà pleins. Le patron se laissait heurter de tout côté. Il était comme raidi et ne prononçait pas un mot. Cependant, lorsqu'il fut monté dans son compartiment, il me tendit la main:
—Adieu, petite!