Il ajouta malicieusement avant que Gabielle eût trouvé un seul mot à répondre:
—Cela se voit maintenant.
C'était vrai. La taille de Gabielle était devenue si épaisse qu'elle faisait tirailler sa jupe et obligeait l'étoffe à revenir par devant.
Bergeounette, qui tenait la porte pour sortir aussi, revint vivement sur ses pas. Elle avait son air de bataille et semblait prête à défendre quelqu'un, mais au premier regard sur Gabielle, elle dit seulement à notre adresse:
—Elle ne doit compte d'elle-même à personne.
Gabielle s'était accotée à la table de coupe en cachant sa figure dans son bras, comme une gamine qui craint les coups.
—N'aie pas honte, va! Toutes les filles ont des amoureux, lui dit Bergeounette.
Et tout doucement elle lui découvrit le visage.
Alors Gabielle parla d'un ton navré:
—Je le vois bien, que je vais avoir un enfant, mais je ne sais pas comment cela peut se faire, puisque je n'ai pas d'amoureux.