—Eh bé… Dites si vous grognez déjà!

C'était toujours lui qui faisait les recommandations ou les reproches. Aussi les ouvrières l'appelaient le patron, tandis qu'elles ne parlaient de la patronne qu'en l'appelant Mme Dalignac.

Bouledogue grognait pour tout et pour rien.

Lorsqu'elle n'était pas contente, elle avait une façon de froncer le nez qui lui relevait la lèvre et découvrait toutes ses dents, qui étaient fortes et blanches.

Il arrivait souvent que le patron se querellait avec elle; mais Mme Dalignac ramenait toujours la paix en leur disant doucement:

—Voyons… restez tranquilles.

Les colères du patron ne ressemblaient pas du tout à celles de Bouledogue. Elles étaient aussi vite parties que venues. Sans préparation ni avertissement il se précipitait vers l'ouvrière à réprimander, et pendant une minute il criait à s'en étrangler, en supprimant la moitié des mots qu'il avait à dire.

Cette façon de parler agaçait la grande Bergeounette qui se moquait et marmottait tout bas:

—Quel baragouin!

Le patron était le premier à rire de ses emportements, et comme pour s'en excuser, il disait: