Mme Dalignac revint plus tôt qu'on ne s'y attendait. Elle rapportait un énorme carton dont le couvercle se soulevait malgré les ficelles qui le retenaient.

Le patron s'empressa de l'ouvrir. Il toucha les tissus avec une petite grimace de contentement.

—De la soie, rien que de la soie, disait-il. Sa femme l'éloigna:

—Laisse… tu vas tout embrouiller.

Puis en s'adressant à nous:

—C'est pour un mariage.

Elle s'assura que le carton reposait tout entier sur la table et elle sortit une à une, les pièces d'étoffes, en désignant leur emploi.

—Une robe noire pour la mère de la mariée… Deux robes bleues pour les grandes sœurs… Des robes roses pour les petites sœurs… Et des dentelles noires, et des dentelles blanches, et des pièces de ruban, et des taffetas pour doublures, et des satins pour jupon…

Elle sortit avec précaution le dernier tissu soigneusement plié dans du papier: