Un poète a pu s’écrier — et la philosophie ratifie son affirmation — :
« La douleur et la mort sont moins involontaires
Que le choix du désir. »
Ma volonté ne serait donc pas libre ?
Si c’est l’attrait qui la commande, si mon attrait ne dépend pas de moi, si j’en subis irrésistiblement la force, instinctive ou raisonnée, si mon vouloir se déclanche fatalement dans le sens de l’attrait qui s’exerce sur moi avec le plus de violence, comment puis-je dire que j’agis librement quand je fais ce que je veux ?
Une chose me plaît plus qu’une autre. Je me porte vers elle. Rien d’invincible ne se met à la traverse de la réalisation de mon désir. Je peux atteindre mon but. Je le sais. Je le veux. Je l’atteins :
Ai-je librement agi ?
J’ai fait ce qui m’a plu.
J’ai agi comme j’ai voulu.
Mais étais-je libre d’agir autrement ?