—Est-ce qu'on se fâche jamais avec toi?
—Eh bien! mon oncle, expliquez-moi une chose. Vous n'avez pas de religion. Ma tante non plus. Et non plus mes cousines, depuis leur première communion. Dans la maison, je suis seule à aller à la messe. Étant «du gouvernement», mon nouveau cousin doit aussi sentir le fagot. Alors, pourquoi Jeanne s'est-elle mariée à l'église?... Pourquoi aussi Hélène, l'année d'après celle où je suis venue chez vous?...»
Toute la bonhomie du docteur Bertereau ne le défendit point d'un léger passage d'humeur. La dissimulant sous le ton de la plaisanterie:
«Non, mais elle vous pose de ces questions, cette petite! s'écria-t-il... Tiens, demande-le à ta tante...»
Et saisissant la diversion qui s'offrait:
«Ma bonne amie, voilà Élisabeth qui nous reproche d'avoir marié nos filles à l'église...
—Oh! mon oncle!...
—Qui du moins s'en étonne. Elle nous accuse d'hypocrisie.
—Ma tante, ne l'écoutez pas. Comme c'est mal de me faire dire semblables sottises...»
Mme Bertereau souriait avec placidité. Le sourire semblait être un attribut inséparable de ce visage rose et dodu entre les coques de cheveux gris.