Ma gloire future m'empêche d'y penser sérieusement, il semble qu'elle me reproche les pensées que je lui consacre.

Non, Piétro n'est qu'un amusement, une musique pour couvrir les lamentations de mon âme. Et cependant je me reproche d'y penser... puisqu'il ne me sert à rien. Il ne peut même pas être le premier échelon de cet escalier divin, au haut duquel se trouve l'ambition satisfaite.

Ah, chère maman, tu ne peux pas me comprendre ... mais je parlerai tout de même.

Si j'étais une personne remarquable, je serais célèbre... mais par quoi? Le chant et la peinture! N'est-ce pas assez? L'un est le triomphe du moment, l'autre est la gloire éternelle!

Pour l'un et pour l'autre, il faut aller à Rome et pour pouvoir étudier il faut avoir le cœur tranquille. 11 faut amener mon père et pour l'amener, il faut aller en Russie. J'y vais, bon Dieu!

Tu es dans le chagrin pour le moment, mais nous triompherons de tous nos ennuis et nous serons heureux, je te le promets.

Au revoir, je t'embrasse.

Note 7: [(retour) ]

Voir le journal de Marie Bashkirtseff, pages 208 et 309. Les mêmes idées s'y trouvent répétées et souvent textuellement reproduites.

À la même.

Paris, juillet 1876.