Ah! chère amie, comment peut-on ne ne pas adorer Verdi. Je ne connais rien de plus remarquable que son Aïda. Chaque accord et chaque phrase parle. Je crois vraiment que l'on comprendrait et la signification de la pièce et dans quel pays cela se passe, et tout enfin, sans voir la scène et sans entendre les paroles. C'est dans ce sens-là que je place Aïda plus haut que toutes les musiques du monde. Et aussi quel charme, quelle force, quel sentiment exquis!

Vous savez, je n'en parle pas au point de vue savant, je ne saurais pas et ce serait dommage. On est plus... on jouit plus, ne sachant pas comment c'est fait.

Ne devant rien faire de sérieux en musique, je n'en sais que ce qu'il faut pour une personne de goût qui ne veut pas composer.

C'est ce soir, en jouant des airs d'Aïda sur ma mandoline, que je me suis mise à en raffoler. J'avais oublié la musique...

La musique dispose à la vie, à la gaieté, aux larmes, à l'amour, enfin, à tout ce qui agite, contente et tourmente, tandis que le dessin est un travail qui vous enlève de la terre et vous rend indifférent à tout, excepté à votre art.

On m'a promenée au Bois; il faisait très beau et l'air était si doux que je me croyais en Italie. Il faudra aviser pour le dimanche.

Cela m'ennuie de perdre un jour chaque semaine, car je ne sais pas me reposer; quand je me repose, je m'ennuie.

Sans doute l'étude de la musique demande la même application, le même calme, mais pour peu qu'on en fasse pour soi ou pour les autres, on doit subir toutes ses influences.

On se passionne pour le dessin, la peinture, mais jamais ils ne vous feront...

Je deviens folle, car je ne sais pas rendre ma pensée!!