Je te remercie pour le dessin et pour la lettre. Mes leçons vont assez bien. Je t'envoie mon dessin, seulement ne le montre à personne, parce que c'est mal fait. Après ton départ j'ai fait beaucoup de dessins et il y en a qui sont bien. À l'étranger, je crois que nous n'irons pas bien vite, peut-être pourtant un de ces jours; maman a dit dans une semaine.

Ma tante est allée dans ses terres avec Paul, voilà pourquoi Paul ne t'écrit pas. Ta sœur Dina t'embrasse; mais, selon sa coutume, elle n'écrit rien, mais elle pense à ta commission. Je t'apporterai de l'étranger un porte-fusil, ou mieux, écris-moi ce qu'il faut t'apporter? Mais dépêche-toi, car dans deux semaines, tout au plus, nous partons. Écris-moi absolument qu'est-ce qu'il faut t'apporter de l'étranger; si nous ne partons pas, je t'écrirai encore. Pardonne-moi le mauvais papier. Maman t'envoie trois roubles et te prie de bien travailler à l'école.

Ta cousine dévouée.

À Mademoiselle H...

4 septembre 1873.

Chère amie,

J'ai pour la première fois parlé l'italien aujourd'hui. Le pauvre Micheletty, (mon professeur,) faillit tomber évanoui ou se jeter par la fenêtre de la joie de m'entendre parler italien. Je puis dire maintenant que je parle le russe, le français, l'anglais, l'italien; j'apprends l'allemand et le latin, j'étudie sérieusement.

Avant-hier, j'ai eu ma première leçon de physique.

Ah! comme je suis satisfaite de moi!

Quel grand bonheur est celui-là!!