—Peut être, fit Hélène; mais je souhaiterais bien recommencer sur un vrai lac. Les enfants devaient voir leur vœu se réaliser. Ils allaient à Genève; et un oncle chez lequel la famille descendait leur fit faire plusieurs excursions sur le lac Léman, dans son yacht de plaisance. Quel enchantement pour tous deux de voguer sur une onde azurée qui parfois moutonnait comme la mer.

D’ailleurs, tout ce voyage était plein de nouveautés et d’agréments. Ç’avait été une telle joie de passer une nuit en chemin de fer, et surtout de déjeuner le lendemain dans le wagon-bar, si confortable! Des fenêtres bien larges permettaient d’y admirer le paysage tout en mangeant et roulant.

Puis l’oncle s’entendait si bien à distraire son monde! Pendant que ses enfants montaient à cheval, il conduisait Hélène et Jacques dans la voiturette Bolée.

Qu’il faisait donc bon de fendre ainsi l’air sans fatigue et sans qu’un affreux dos de cocher vienne gâter les plus beaux points de vue!

D’autres fois les voyageurs et leurs hôtes, tantôt dans des automobiles, tantôt à bicyclette, entreprenaient de visiter un peu les environs, en se gardant toutefois des trop grandes montées, qui eussent faussé le mécanisme des voitures.

On devine quels regrets éprouvèrent Jacques et Hélène quand sonna l’heure du départ. Heureusement qu’avant de voir finir les vacances ils avaient encore la perspective d’un séjour au bord de la mer.

Là encore plus d’une surprise les attendait. Un jour, leur tante loua une petite voiture attelée d’un gentil bourriquet gris, que l’on conduisait tour à tour.

Tour à tour aussi les aînés tiraient une charrette anglaise dans laquelle les plus jeunes prenaient place. Sans parler de tous les amusements de la plage; les châteaux de sable, la pêche aux crevettes, la récolte des coquillages etc.

Le plus intéressant fut la visite d’un bâtiment faisant escale dans le port où se trouvaient Jacques et Hélène. Leur tante connaissait le capitaine. Il leur fit voir le navire en détail: la cuisine, la salle à manger du bord, le salon avec ses sophas et ses glaces; puis les cabines aux lits superposés.

—Voilà, dit Jacques, une belle façon de voyager! Combien j’aimerais à vivre ainsi de longs mois entre le ciel et l’eau! Ah! les marins sont bien heureux!