— Eh bien ! il prétendait que tu devrais loger pour la nuit les officiers du bord quand ils viennent à terre.
— Loger pour la nuit ? c’est-à-dire avoir un hôtel garni ? Hum ! c’est un peu gros pour nous, ma chère femme, et si nous ne réussissions pas ?
— Qui te parle d’un hôtel ? Bien sûr que ce serait trop de frais, quant à présent. Mais, comme le disait M. Verdier, pourquoi n’aurions-nous pas une demi-douzaine de petites chambres, simples mais propres, un peu gentilles, où ces messieurs pourraient passer la nuit au lieu de retourner à bord le soir, ce qui les ennuie à cause du mauvais temps.
— C’est une idée ; — tu as peut-être raison ; — mais que de dépenses pour commencer ! Il faudra faire faire un étage à la maison, penses-tu à ce que cela fera d’embarras et d’argent ?
— Pourquoi faire élever un étage ? Allonge le bâtiment au rez-de-chaussée, tel qu’il est.
— Ça ne sera pas bien joli.
— Qu’est-ce que ça fait ? Crois-tu qu’on s’attend à trouver à Haï-phong l’hôtel du Louvre comme il est sur les catalogues ? La brique n’est pas chère dans ce pays-ci, les journées d’ouvriers non plus ; avec quelques centaines de piastres pour la bâtisse et le mobilier, nous en verrons la fin.
— Oui, mais après ?
— Après, quoi ?
— Si les clients ne viennent pas, nous en serons pour nos frais.