L'idée d'un site web commun aux bibliothèques nationales européennes fut émise en 1994 à Oslo (Norvège) lors de la réunion de la Conference of European National Libraries (CENL). En mars 1995, une nouvelle réunion rassembla les représentants de la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas), la British Library (Royaume-Uni) et la Bibliothèque de l'Université d'Helsinki (Finlande) afin de discuter du site web de la CENL. Ils se mirent d'accord sur un projet pilote et furent ensuite rejoints par trois autres bibliothèques nationales: Die Deusche Bibliothek (Allemagne), la Bibliothèque nationale de France et la Biblioteka Narodowa (Pologne).

Le projet Gabriel fut approuvé en septembre 1995 lors de la réunion annuelle de la CENL à Berne (Suisse). Il fut ensuite lancé sur Internet par la British Library qui s'occupa de sa maintenance éditoriale, avec la collaboration des bibliothèques nationales de Finlande et des Pays-Bas. La seconde étape eut lieu entre octobre 1995 et septembre 1996. Toutes les bibliothèques nationales qui n'avaient pas participé à la phase pilote furent invitées à se joindre au projet, ce qui permit une extension rapide de celui-ci. Entre-temps, de nombreuses bibliothèques avaient ouvert leur propre serveur web. Lors de sa réunion à Lisbonne (Portugal) en septembre 1996, la CENL décida le lancement de Gabriel en tant que service officiel de la CENL à compter du 1er janvier 1997. Sa maintenance éditoriale fut reprise par la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas).

La recherche sur Gabriel peut être effectuée par pays ou bien par type de services. Ces types de services sont les suivants : OPAC (online public access catalogues), bibliographies nationales, catalogues collectifs nationaux, index du contenu des périodiques, serveurs web, gophers (systèmes d'information à base de menus textuels à plusieurs niveaux), et liste complète des services en ligne par bibliothèque.

Quelle est la situation dans les bibliothèques publiques?

Internet and the Library Sphere, document de l'Union européenne mis à jour le 11 décembre 1998, évalue à environ 1.000 le nombre de bibliothèques publiques ayant un serveur web. Ces bibliothèques sont réparties dans une trentaine de pays. Les pays les plus représentés sont la Finlande (247 bibliothèques), la Suède (132 bibliothèques), le Royaume-Uni (112 bibliothèques), le Danemark (107 bibliothèques), l'Allemagne (102 bibliothèques), les Pays-Bas (72 bibliothèques), la Lituanie (51 bibliothèques), l'Espagne (56 bibliothèques) et la Norvège (45 bibliothèques). Les pays nouvellement représentés sont la République tchèque (29 bibliothèques) et le Portugal (3 bibliothèques). La Russie propose aussi une liste de 26 bibliothèques de référence sur le Web. Les sites sont très hétérogènes. Certains mentionnent seulement des informations de base telles que l'adresse des locaux et les heures d'ouverture, tandis que d'autres proposent toute une gamme de services, ainsi que l'accès à l'OPAC (online public access catalogue) de la bibliothèque.

Public Libraries of Europe, liste de Sheila et Robert Harden, procure un annuaire des sites de bibliothèques publiques européennes avec classement par pays. Géré par la St Joseph County Public Library, à South Bend (Indiana, USA), SJCPL's Public Library WWW Servers répertorie 560 serveurs de bibliothèques publiques dans le monde.

Si on souhaite un outil à l'échelle mondiale, LibWeb: Library Servers via WWW, tenu à jour par Thomas Dowling, de la Digital Berkeley Library (Californie, USA), recense tous les serveurs de bibliothèques disponibles sur le Web, à savoir 2.500 serveurs dans 70 pays. La mise à jour est quotidienne, tous les jours à minuit heure locale. La recherche est possible par lieu, type de bibliothèque ou nom. Excepté pour les Etats-Unis, le classement est effectué par continent et non par pays. Une centaine de bibliothèques européennes est répertoriée.

6.3. Internet dans les bibliothèques

L'Union européenne dispose d'un Programme des bibliothèques dont le but est d'aider au développement des ressources Internet et de faciliter les connexions des bibliothèques avec l'infrastructure de l'information et des communications. Le développement de systèmes appropriés est effectué en fonction de deux objectifs principaux: d'une part faciliter l'accès de l'usager aux ressources de la bibliothèque, d'autre part faciliter l'interconnexion des bibliothèques entre elles dans le cadre du développement des autoroutes de l'information. Les tests de validation sont accompagnés de mesures permettant de promouvoir des normes, diffuser des résultats et informer le personnel des bibliothèques des possibilités offertes par les systèmes télématiques.

Parallèlement à ces travaux menés à l'échelon international, de nombreuses bibliothèques sont en train de développer une cyberbibliothèque à côté de leurs collections traditionnelles.